Analyse de l'étude PRGN sur l'influence des marques et leur rapport à l'IA

Depuis deux ans, l’intelligence artificielle s’est invitée dans toutes les conversations.

Communication, marketing, relations médias, création de contenu, veille, analyse de données : aucun métier n’échappe à cette vague technologique qui promet de produire plus vite, plus efficacement et à moindre coût.

À première vue, l’équation paraît simple. Plus d’outils, plus de contenus, plus de visibilité. Pourtant, à mesure que les organisations adoptent l’IA, une autre question émerge : dans un monde où chacun peut produire des centaines de contenus en quelques clics, qu’est-ce qui crée encore de l’influence ?

Une récente étude internationale menée par le réseau Public Relations Global Network (PRGN) auprès de plus de 1 800 professionnels dans 48 pays apporte un éclairage intéressant. Si près d’un répondant sur deux estime que l’IA améliore la production de contenus, les résultats montrent également que les fondamentaux de l’influence restent étonnamment stables : la confiance et la réputation demeurent les principaux moteurs de l’influence des marques.

 

Un constat qui peut sembler paradoxal.

Jamais les entreprises n’ont eu autant de moyens de communiquer. Réseaux sociaux, créateurs de contenu, influenceurs, médias propriétaires, podcasts, newsletters, plateformes d’IA… Les canaux se multiplient et avec eux les occasions de prendre la parole.

Mais cette abondance produit aussi un effet inattendu : l’attention devient plus rare.

L’enjeu pour les marques n’est plus seulement d’être visible. Il est d’être crédible.

Pendant longtemps, la communication reposait sur une logique relativement simple. Une entreprise diffusait un message, les médias le relayaient et les publics le recevaient. Aujourd’hui, cette chaîne s’est fragmentée. Une marque peut être évaluée simultanément par un journaliste, un influenceur, un salarié, un client ou un algorithme.

 

L’influence n’est plus un canal. Elle est devenue un écosystème.

Cette évolution explique pourquoi les médias continuent de jouer un rôle central malgré l’émergence de nouveaux acteurs. L’étude PRGN montre que les retombées médiatiques demeurent l’un des principaux leviers d’influence identifiés par les professionnels interrogés.

Dans un environnement saturé de contenus, la validation par un tiers indépendant conserve une valeur particulière. Elle apporte ce que les marques peinent parfois à produire seules : de la crédibilité.

L’intelligence artificielle accentue encore cette tendance.

Plus les contenus générés automatiquement se multiplient, plus les audiences développent un besoin de repères fiables. La question n’est plus uniquement de savoir si une information est intéressante, mais si elle est digne de confiance.

C’est sans doute l’un des enseignements les plus importants pour les communicants.

L’IA transforme les outils, mais elle ne remplace ni la stratégie ni la réputation. Elle accélère la production, sans résoudre la question essentielle : pourquoi devrait-on croire ce que dit une marque ?

Les entreprises qui tireront le meilleur parti de cette nouvelle donne ne seront probablement pas celles qui publieront le plus de contenus. Ce seront celles qui sauront articuler technologie et authenticité, automatisation et expertise, visibilité et crédibilité.

À l’heure où les frontières entre information, communication et contenus générés par l’IA deviennent de plus en plus floues, la confiance s’impose comme le véritable actif stratégique.

Finalement, la révolution de l’IA ne signe peut-être pas la fin de l’influence telle que nous la connaissions. Elle rappelle simplement ce qui l’a toujours fondée.